L’origine de l’or des rivières fascine les chercheurs d’or depuis des siècles. Que vous soyez un orpailleur débutant ou intermédiaire, comprendre comment ce métal précieux se retrouve dans le lit de nos cours d’eau est essentiel pour améliorer vos chances de découverte. Dans cet article, nous explorerons les processus géologiques et naturels qui conduisent à la présence d’or dans les rivières, depuis sa formation dans les profondeurs terrestres jusqu’à son dépôt dans les alluvions où vous pourrez le récolter. Découvrez les secrets de la formation des pépites et apprenez à repérer les meilleurs emplacements pour vos futures sessions d’orpaillage.

Ce qu'il faut retenir

  • L’or des rivières provient principalement de gisements primaires érodés dans les montagnes
  • Les pépites se forment par agrégation de particules d’or lors de leur transport dans l’eau
  • Les méandres, les obstacles naturels et les couches de bedrock sont les zones privilégiées pour trouver de l’or
  • L’or alluvionnaire a généralement une pureté plus élevée que l’or de filon à cause du lessivage naturel
  • La connaissance de la géologie locale est déterminante pour augmenter vos chances de succès

La naissance de l'or : des étoiles aux profondeurs terrestres

La véritable source de l’or que vous recherchez dans les rivières remonte à des origines presque mythiques. Avant même de reposer dans le lit des cours d’eau, l’or a connu un voyage extraordinaire qui commence dans les étoiles. Les scientifiques s’accordent à dire que les éléments lourds comme l’or se sont formés lors d’explosions stellaires massives, les supernovas, ou plus récemment découvertes, lors de collisions d’étoiles à neutrons.

L’or présent sur Terre s’est incorporé à notre planète lors de sa formation il y a environ 4,5 milliards d’années. Durant cette période primitive, la majorité de l’or a migré vers le noyau terrestre en raison de sa densité élevée. Cependant, une partie significative est restée dans le manteau et la croûte terrestre.

Des fluides hydrothermaux à la formation des gisements primaires

Dans la croûte terrestre, la formation des gisements aurifères primaires dépend principalement de l’activité magmatique et des fluides hydrothermaux. Voici comment se déroule ce processus :

  1. Le magma riche en métaux remonte des profondeurs vers la surface
  2. En refroidissant, il libère des fluides hydrothermaux chargés en minéraux
  3. Ces fluides circulent dans les fissures et les zones de faiblesse de la croûte
  4. Lors de changements de pression ou de température, l’or et d’autres minéraux précipitent
  5. Des concentrations d’or se forment dans des veines de quartz ou autres structures rocheuses

Ces gisements primaires, également appelés filons, constituent la source originelle de l’or des rivières. Ils se trouvent généralement dans des roches métamorphiques ou ignées, souvent associés à d’autres minéraux comme le quartz, la pyrite ou divers sulfures.

Les conditions géologiques favorables à la formation de l'or

Pour que l’or se concentre suffisamment et forme des gisements exploitables, plusieurs conditions géologiques doivent être réunies :

  • Une source de chaleur importante (activité volcanique, intrusion magmatique)
  • Des zones de fracture permettant la circulation des fluides
  • Des « pièges » géochimiques favorisant la précipitation de l’or
  • Une stabilité géologique suffisante pour préserver les dépôts formés

Ces conditions expliquent pourquoi l’or n’est pas réparti uniformément sur la planète mais se concentre dans certaines régions spécifiques, souvent associées à d’anciennes chaînes de montagnes ou zones de subduction.

Des filons primaires aux placers : le voyage de l'or jusqu'aux rivières

La provenance de l’or alluvionnaire que vous recherchez en tant qu’orpailleur est directement liée à l’érosion des gisements primaires. Lorsque ces filons, initialement enfouis dans les montagnes, sont exposés aux éléments par le soulèvement tectonique et l’érosion, l’or commence son voyage vers les cours d’eau.

L'érosion des gisements aurifères : le début du parcours

Le processus d’érosion qui libère l’or des roches-mères comprend plusieurs étapes :

  • L’altération chimique par les eaux acides et l’oxygène qui fragilise les roches
  • L’alternance gel-dégel qui fracture les roches en haute montagne
  • L’érosion mécanique par les pluies, la neige et le ruissellement
  • Le détachement progressif des particules d’or de leur matrice rocheuse

La résistance exceptionnelle de l’or aux altérations chimiques lui permet de survivre quasiment intact à ces processus d’érosion, contrairement à de nombreux autres minéraux. C’est cette caractéristique qui fait que l’or peut s’accumuler dans les sédiments des rivières alors que d’autres éléments se dégradent.

Le transport fluvial : comment l'or voyage dans les cours d'eau

Une fois libéré de sa roche-mère, l’or est transporté par l’eau selon plusieurs mécanismes :

  • Transport par saltation (petits bonds sur le fond du lit)
  • Roulement sur le fond pour les particules plus grosses
  • Suspension dans l’eau pour les particules très fines
  • Déplacements intermittents lors des crues et événements de forte hydraulicité

La distance que peut parcourir l’or dépend principalement de sa taille et de sa forme. Les particules fines peuvent voyager sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, tandis que les pépites plus grosses se déplacent généralement sur des distances beaucoup plus courtes.

La transformation de l'or pendant son voyage

Durant son parcours dans la rivière, l’or subit diverses transformations :

  • Abrasion progressive qui arrondit ses formes
  • Purification naturelle par dissolution des autres métaux (argent notamment)
  • Agrégation possible avec d’autres particules d’or lors des dépôts temporaires
  • Compaction et recristallisation potentielles dans certaines conditions

Ce processus de transformation explique pourquoi l’or alluvionnaire présente généralement une pureté plus élevée que l’or primaire des filons, phénomène connu sous le nom d’affinage naturel ou « natural refining ».

Les processus géologiques qui concentrent l'or dans les cours d'eau

La distribution de l’or dans les rivières n’est pas aléatoire. Des mécanismes physiques spécifiques expliquent pourquoi certains endroits sont plus riches en or que d’autres, une connaissance essentielle pour tout orpailleur souhaitant maximiser ses chances de succès.

Le principe de densité : pourquoi l'or se dépose où vous le trouvez

L’or possède une densité exceptionnelle (19,3 g/cm³) qui détermine largement son comportement dans l’eau :

  • Il tend naturellement à « couler » plus rapidement que les autres sédiments
  • Il s’accumule préférentiellement dans les zones de ralentissement du courant
  • Il résiste davantage à la remobilisation lors des périodes de débit normal
  • Il se comporte différemment des autres matériaux lors des variations de débit

Ce comportement singulier, dicté par les lois de la physique, explique la formation des « pièges à or » naturels que recherchent les orpailleurs.

Les pièges naturels à or : reconnaître les zones de concentration

Plusieurs configurations géologiques et hydrodynamiques favorisent l’accumulation de l’or :

  • Les marmites de géant : dépressions circulaires creusées dans le lit rocheux où l’or peut s’accumuler au fond
  • Les fissures et crevasses du bedrock : véritables pièges pour les pépites
  • L’amont des obstacles : rochers, troncs d’arbres ou autres irrégularités du lit
  • Les élargissements brusques du lit de la rivière où la vitesse du courant diminue
  • Les courbes intérieures des méandres où se forment des bancs de sable et de gravier
  • Les hauts-fonds et les barres graveleuses qui se forment en période de basses eaux

La compréhension de ces pièges naturels est fondamentale pour l’orpailleur, car elle permet de cibler les recherches sur les zones les plus prometteuses plutôt que de prospecter au hasard.

 

L'influence des événements climatiques sur la redistribution de l'or

Les conditions climatiques et les événements météorologiques exceptionnels jouent un rôle crucial dans la redistribution de l’or :

  • Les crues majeures peuvent remodeler entièrement le lit d’une rivière et créer de nouveaux dépôts
  • Les périodes de sécheresse exposent parfois d’anciennes couches de sédiments riches en or
  • Les glissements de terrain peuvent apporter soudainement de grandes quantités de matériaux aurifères
  • Les cycles saisonniers de hautes et basses eaux participent au tri progressif des sédiments

Ces événements expliquent pourquoi un site d’orpaillage peut soudainement devenir productif après des années de faible rendement, ou inversement, pourquoi un spot réputé peut temporairement « s’épuiser ».

Morphologie et types d'or fluvial : comment le reconnaître

La forme et l’aspect de l’or des rivières nous renseignent sur son origine et la distance qu’il a parcourue. En tant qu’orpailleur, apprendre à distinguer ces caractéristiques vous aidera à remonter aux sources et à affiner vos techniques de prospection.

De la poudre aux pépites : les différentes formes de l'or alluvionnaire

L’or alluvionnaire se présente sous diverses formes, chacune témoignant d’une histoire particulière :

  • La poudre d’or : particules très fines (<0,5 mm), souvent transportées sur de longues distances
  • Les paillettes : fragments plats aux bords arrondis (0,5 à 2 mm), forme la plus commune dans les rivières
  • Les écailles : paillettes plus épaisses aux formes irrégulières
  • Les grenailles : particules arrondies ressemblant à de petites billes
  • Les pépites : morceaux plus volumineux (>2 mm), souvent trouvés près de la source primaire
  • L’or spongieux : agrégats poreux formés par l’amalgamation de particules plus petites
  • L’or dendritique : formes ramifiées rappelant des feuilles ou des arbres, rarement préservées dans les rivières

La prédominance de certaines formes dans votre batée peut vous indiquer la proximité relative d’un gisement primaire ou l’efficacité des processus de concentration dans votre zone de prospection.

L'or "frais" vs l'or "voyagé" : indices de la distance parcourue

L’apparence de l’or alluvionnaire permet d’estimer approximativement la distance qu’il a parcourue depuis sa source :

Cette classification, bien qu’approximative, constitue un outil précieux pour l’orpailleur cherchant à identifier la provenance de son or et à remonter potentiellement vers des zones plus riches.

 

Le phénomène de la formation des pépites en rivière

Contrairement à une idée reçue, toutes les pépites ne proviennent pas directement des gisements primaires. Certaines se forment directement dans le lit des rivières par divers processus :

  • Agglomération progressive de particules plus petites piégées dans un même emplacement
  • Précipitation électrochimique de l’or dissous dans l’eau autour d’un noyau existant
  • Amalgamation naturelle facilitée par la présence de mercure naturel dans certaines régions
  • Concrétionnement autour de noyaux ferrugineux ou de matière organique

Ces processus expliquent pourquoi des pépites peuvent parfois être découvertes dans des zones éloignées de tout gisement primaire connu, ce qui constitue l’une des nombreuses énigmes fascinantes de l’orpaillage.

Les roches indicatrices : repérer la provenance de l'or

Certains minéraux sont fréquemment associés à l’or et peuvent vous indiquer sa provenance :

  • Le quartz : principal minéral hôte de l’or primaire, particulièrement le quartz laiteux ou fumé
  • La pyrite (sulfure de fer) : souvent présente dans les gisements aurifères primaires
  • Les grenats : minéraux denses qui s’accumulent avec l’or dans les placers
  • La magnétite : minéral noir magnétique qui suit des schémas de dépôt similaires à l’or
  • L’hématite : oxyde de fer rouge-brun, bon indicateur de conditions favorables
  • La scheelite : minéral fluorescent qui accompagne parfois l’or dans certains types de gisements
  • La cassitérite : oxyde d’étain dense qui se concentre avec l’or

La composition de ces assemblages minéralogiques varie selon les régions et les contextes géologiques. Apprendre à reconnaître ces associations spécifiques à votre zone de prospection constitue un avantage considérable

La lecture des galets : comprendre la géologie locale

Les galets et roches présents dans le lit de la rivière racontent l’histoire géologique du bassin versant :

  • Les types de roches présentes indiquent les formations géologiques traversées par la rivière
  • Leur degré d’usure renseigne sur la distance de transport
  • Les proportions relatives des différents types de roches aident à identifier les zones d’érosion active
  • La présence de roches spécifiques (certains granites, roches vertes, etc.) peut indiquer des contextes favorables aux minéralisations aurifères

Un orpailleur expérimenté développe progressivement la capacité de « lire » ces indices lithologiques pour orienter sa prospection vers les zones les plus prometteuses.

Utiliser la minéralogie pour remonter aux sources

La composition minéralogique des sédiments change progressivement en s’éloignant de la source. En analysant ces variations, vous pouvez :

  1. Identifier la direction générale vers les sources primaires
  2. Estimer la distance approximative des zones minéralisées
  3. Distinguer différentes sources contribuant au même cours d’eau
  4. Repérer des anomalies suggérant des zones enrichies localement

Cette approche, parfois appelée « prospection en remontant le courant » ou « upstream prospecting », constitue une méthode éprouvée pour découvrir de nouveaux secteurs productifs, voire des gisements primaires encore inconnus.

Les différents placers aurifères et leur formation

La source de l’or des rivières prend diverses formes selon les contextes géologiques et géomorphologiques. Comprendre ces différents types de placers permettra d’adapter vos techniques de prospection.

Les placers de rivières actives : le terrain de l'orpailleur traditionnel

Les placers de rivières actives, ou placers alluviaux, sont les plus accessibles et les plus familiers aux orpailleurs :

  • Ils se forment dans le lit actuel des cours d’eau
  • L’or s’y concentre principalement à la base des alluvions, sur le bedrock
  • Ils sont constamment remaniés par les crues et les changements de débit
  • Leur richesse varie considérablement d’un point à l’autre du cours d’eau

Ces placers présentent l’avantage d’être relativement faciles à prospecter avec un équipement minimal (batée, pelle), ce qui explique leur popularité auprès des orpailleurs amateurs.

Les placers de terrasses : archives des anciens cours d'eau

Les terrasses alluviales sont d’anciens lits de rivières surélevés par rapport au cours d’eau actuel :

  • Elles résultent de l’incision progressive de la rivière dans son propre lit
  • Elles peuvent être situées plusieurs mètres, voire dizaines de mètres au-dessus du cours actuel
  • Elles contiennent parfois des concentrations d’or non perturbées depuis des milliers d’années
  • Elles présentent souvent un enrichissement dû à la dissolution partielle des graviers sur de longues périodes

Ces placers, moins évidents à repérer pour le novice, peuvent parfois s’avérer extraordinairement riches, notamment lorsqu’ils correspondent à d’anciennes périodes d’érosion intense des zones minéralisées.

Les placers éluviaux et colluviaux : à l'interface du filon et de la rivière

À proximité immédiate des gisements primaires se forment des types particuliers de placers :

  • Les placers éluviaux : formés par la décomposition sur place des filons, l’or reste quasiment immobile
  • Les placers colluviaux : résultant de déplacements limités sur les pentes par gravité et ruissellement
  • Les placers de pente : intermédiaires, avec un transport limité mais suffisant pour commencer à concentrer l’or

Ces placers, situés à la transition entre le gisement primaire et le système fluvial, contiennent souvent de l’or peu transporté, aux formes anguleuses et parfois associé à sa gangue d’origine. Ils constituent d’excellents indicateurs de la proximité de filons potentiellement exploitables.

Les paléoplacers : témoins des systèmes fluviaux anciens

Certains placers très anciens ont été préservés par des événements géologiques particuliers :

  • Recouvrement par des coulées volcaniques ou des sédiments plus récents
  • Fossilisation par cimentation des graviers en conglomérats
  • Enfouissement puis réexposition par l’érosion moderne

Ces paléoplacers, parfois âgés de plusieurs millions d’années, peuvent contenir des concentrations exceptionnelles d’or, accumulées sur des périodes beaucoup plus longues que dans les systèmes actifs. Ils ont été à l’origine de découvertes historiques majeures comme certains gisements d’Afrique du Sud ou de Californie.

Identifier les meilleurs spots d'orpaillage grâce à la géologie

La provenance de l’or des rivières suit des schémas prévisibles qui, une fois compris, permettent d’optimiser considérablement vos chances de succès en ciblant les emplacements les plus prometteurs.

Les configurations fluviales favorables aux dépôts aurifères

Certaines configurations hydrodynamiques créent naturellement des conditions propices à l’accumulation de l’or :

  • Les zones de compression du flux : rétrécissements du lit suivis d’un élargissement
  • Les sections à forte rugosité du lit (roches irrégulières, blocs)
  • Les contre-courants en aval des obstacles majeurs
  • L’intérieur des méandres, particulièrement lorsqu’ils sont prononcés
  • Les confluences où les turbulences favorisent le dépôt des particules lourdes
  • Les chutes et rapides dont les zones d’impact créent des turbulences propices au piégeage
  • Les bancs de gravier stabilisés par la végétation pendant suffisamment longtemps

La reconnaissance de ces configurations sur le terrain constitue une compétence fondamentale que tout orpailleur développe avec l’expérience.

L'importance du bedrock et de sa morphologie

Le bedrock, ou substratum rocheux, joue un rôle déterminant dans la concentration de l’or :

  • Sa surface irrégulière crée des pièges naturels (fissures, cannelures, dépressions)
  • Sa nature lithologique influence l’efficacité de la capture des particules d’or
  • Son pendage (inclinaison) peut créer des « rampes » ou des « bacs » naturels
  • Les changements brutaux de sa topographie provoquent souvent des enrichissements localisés

L’or ayant tendance à « chercher » le point le plus bas, il s’accumule préférentiellement dans les irrégularités du bedrock, surtout lorsque celui-ci présente une texture rugueuse qui facilite le piégeage des particules.

Lire et interpréter le paysage fluvial pour l'orpailleur

Le paysage environnant une rivière recèle de nombreux indices sur son potentiel aurifère :

  • La présence de barres graveleuses visibles en périodes de basses eaux
  • Les affleurements rocheux traversant le cours d’eau (souvent associés à des pièges)
  • Les changements de végétation riparienne qui peuvent indiquer des variations du substrat
  • Les traces d’anciens travaux miniers (tas de déblais, excavations)
  • Les variations de couleur des sédiments pouvant révéler différentes sources d’alimentation
  • Les zones d’érosion active des berges exposant parfois d’anciennes terrasses aurifères

L’observation attentive de ces éléments, combinée à la compréhension des processus de dépôt, permet de développer un « œil » pour repérer les zones les plus prometteuses sans avoir à prospecter de façon aléatoire.

Évolution temporelle des dépôts aurifères

L’or des rivières n’est pas statique ; sa distribution évolue constamment sous l’influence de facteurs naturels et anthropiques. Comprendre cette dynamique est essentiel pour adapter vos stratégies de prospection au fil du temps.

Les cycles saisonniers et leur influence sur la redistribution de l'or

Les variations saisonnières du régime des cours d’eau modifient continuellement la répartition de l’or :

  • Les crues printanières mobilisent et redéposent les sédiments, créant parfois de nouvelles concentrations
  • Les périodes d’étiage (basses eaux) exposent des zones normalement inaccessibles
  • Les cycles gel-dégel dans les régions froides fragmentent les roches et libèrent de nouvelles particules
  • Les précipitations exceptionnelles peuvent réactiver d’anciens chenaux et terrasses

Ces cycles naturels expliquent pourquoi un même site peut donner des résultats variables d’une saison à l’autre, voire d’une année sur l’autre. Un spot apparemment épuisé peut redevenir productif après une crue majeure.

L'impact de l'activité humaine sur les dépôts aurifères

L’histoire de l’exploitation aurifère a profondément modifié de nombreux cours d’eau :

  • Les anciennes exploitations ont souvent prélevé les dépôts les plus accessibles
  • Le remaniement des sédiments a parfois créé des concentrations secondaires intéressantes
  • Les techniques industrielles (dragage, extraction hydraulique) ont bouleversé l’équilibre naturel de certaines rivières
  • Les activités modernes (barrages, extraction de granulats) continuent d’influencer la distribution de l’or

Paradoxalement, les sites historiquement exploités peuvent parfois redevenir intéressants pour l’orpailleur moderne, soit parce que les techniques anciennes étaient moins efficaces, soit parce que les processus naturels ont reconcentré une partie de l’or restant.

La régénération des placers : mythe ou réalité ?

La question de la « régénération » des placers aurifères fait débat parmi les orpailleurs :

  • Le processus d’érosion des gisements primaires se poursuit effectivement
  • L’apport de nouvel or dans les systèmes fluviaux est cependant extrêmement lent à l’échelle humaine
  • La redistribution de l’or déjà présent dans le système est le phénomène dominant à court terme
  • Certaines conditions particulières (zones de forte érosion active, contextes volcaniques) peuvent accélérer localement ces processus

Si l’idée d’une « rivière qui refait son or » chaque année relève davantage du mythe, la redistribution périodique des particules déjà présentes dans le système peut effectivement renouveler l’intérêt de certains sites après des événements hydrologiques majeurs.

Questions fréquentes sur l'origine de l'or des rivières

L'or des rivières vient-il uniquement des filons de quartz ?

Non, bien que les filons de quartz aurifères constituent une source majeure d’or alluvionnaire, ils ne sont pas la seule origine possible. L’or peut également provenir de :

  • Gisements disséminés où l’or est réparti dans la masse rocheuse sans former de veines distinctes
  • Minéralisations associées à des intrusions magmatiques (porphyres, skarns)
  • Gisements sédimentaires où l’or a été déposé en même temps que les sédiments hôtes
  • Anciens placers remobilisés par l’érosion moderne

La diversité des sources primaires explique en partie les variations de morphologie et de composition de l’or trouvé dans différents cours d’eau.

La présence d’or dans une rivière dépend de plusieurs facteurs clés :

  • L’existence de sources primaires dans le bassin versant
  • L’efficacité des processus d’érosion qui libèrent l’or de ces sources
  • La présence de conditions hydrauliques favorables à la concentration de l’or
  • L’histoire géologique et l’évolution géomorphologique du bassin

Une rivière peut être stérile simplement parce qu’elle ne draine aucune zone minéralisée, ou parce que ses caractéristiques hydrodynamiques ne permettent pas la concentration efficace des particules d’or.

Dans le sens strict de la création d’atomes d’or, non. Cependant, des processus secondaires peuvent effectivement transformer l’or dans les rivières :

  • Agrégation de particules plus petites pour former des pépites plus volumineuses
  • Précipitation d’or dissous dans des conditions géochimiques spécifiques
  • Enrichissement par lessivage préférentiel des impuretés (argent, cuivre)
  • Croissance électrochimique dans certains environnements particuliers

Ces phénomènes, bien que réels, sont généralement lents et limités. L’essentiel de l’or alluvionnaire provient bien de l’érosion de sources primaires préexistantes.

Bien qu’elles puissent provenir des mêmes gisements primaires, pépites et paillettes ont souvent des histoires différentes :

  • Les paillettes résultent généralement de la fragmentation et de l’aplatissement progressif de l’or pendant le transport
  • Les pépites peuvent être soit des fragments massifs détachés presque intacts de leur filon d’origine, soit des agrégats formés dans le système fluvial lui-même
  • La distance parcourue influence fortement cette différenciation, les pépites étant généralement trouvées plus près des sources

Cette différence d’origine explique pourquoi la découverte de pépites est généralement plus aléatoire et moins prévisible que celle des paillettes et de la poudre d’or.

La teneur en or fin des particules alluvionnaires tend à augmenter avec la distance parcourue :

  • L’or primaire contient souvent entre 70% et 90% d’or pur, le reste étant principalement de l’argent
  • Durant le transport fluvial, l’argent et autres métaux sont progressivement dissous, enrichissant relativement la teneur en or
  • L’or alluvionnaire très transporté peut atteindre des puretés de 95% à 99%
  • Ce phénomène d’affinage naturel est particulièrement marqué dans les environnements tropicaux ou les eaux acides

Cette évolution de la pureté constitue un indice supplémentaire pour estimer la distance parcourue par l’or que vous découvrez.

L’or primaire se trouve dans sa roche-mère d’origine, généralement dans des veines ou filons de quartz. L’or alluvionnaire a été détaché de cette roche-mère par l’érosion et transporté par les cours d’eau avant de se déposer dans les sédiments fluviaux. L’or alluvionnaire est généralement plus pur et présente des formes plus arrondies que l’or primaire.

Non, toutes les rivières ne sont pas aurifères. Pour qu’une rivière contienne de l’or en quantité détectable, son bassin versant doit inclure des zones minéralisées en or. De plus, le cours d’eau doit présenter des caractéristiques favorables à la concentration des particules lourdes. La consultation des cartes géologiques et des archives minières peut vous aider à identifier les zones potentiellement intéressantes.

Plusieurs indices peuvent suggérer la proximité d’un gisement primaire : la présence d’or aux formes anguleuses peu émoussées, l’association avec des fragments de quartz aurifère, la découverte de pépites relativement grosses, et l’abondance de minéraux indicateurs peu altérés (pyrite fraîche, par exemple). Plus ces indices sont nombreux, plus la source primaire est probablement proche.

Pas exactement. Les crues ne créent pas de nouvel or mais redistribuent celui qui est déjà présent dans le système fluvial. Elles peuvent exposer des dépôts auparavant inaccessibles ou concentrer des particules dispersées. Cette redistribution peut effectivement rendre productifs des sites qui semblaient épuisés, mais il s’agit du même or, simplement déplacé.

Généralement oui. L’or alluvionnaire bénéficie d’un processus d’affinage naturel : pendant son transport dans l’eau, les métaux moins résistants comme l’argent ou le cuivre se dissolvent progressivement, augmentant ainsi la proportion relative d’or pur. C’est pourquoi l’or alluvionnaire présente souvent des titres (puretés) plus élevés que l’or extrait directement des gisements primaires.

La concentration de l’or est dictée principalement par sa densité élevée. Il s’accumule dans les zones où le courant ralentit brusquement (élargissements, contre-courants), dans les irrégularités du lit rocheux (fissures, marmites), et derrière les obstacles naturels. Ces « pièges » retiennent préférentiellement les particules lourdes comme l’or tandis que les matériaux plus légers continuent leur chemin.